Le fou et le médium – une histoire contrastée

LE FOU ET LE MEDIUM 


28/03/2017

Les formes « originelles » de l’aliénation sont aussi diversifiées que ses appellations : « l’énergumène » chez les Grecs, « le captivé » chez les Latins, et même « le démoniaque » pour les Chrétiens, tout un programme…

Mais le regard que porte l’homme sur le concept de « folie » est avant tout le résultat de schémas psychologiques imparfaits et un creuset fait de peurs et d’incompréhensions séculaires ayant brouillé notre lecture du réel : Qui est fou ? La folie est-elle du domaine du « sacré » comme c’est parfois le cas en Afrique ? Ou la folie est-elle une simple pathologie ?

Michel Foucault écrit dans son livre Maladie mentale et psychologie, paru en 1954 que : « Toutes les histoires de la psychiatrie jusqu’à ce jour ont voulu montrer dans le fou du Moyen Age et de la Renaissance un malade ignoré, pris à l’intérieur du réseau serré de significations religieuses et magiques. » et il poursuit en indiquant notamment que selon lui « Il aurait donc fallu attendre l’objectivité d’un regard médical et enfin scientifique pour découvrir la détérioration de la nature, là où on ne déchiffrait que des perversions surnaturelles » (p. 76).

Il est clair que l’analyse médicale encadrée par des protocoles spécifiques permet d’objectiver ce qui peut sembler irrationnel. Mais pour autant, est-ce suffisant pour appréhender l’homme ?

L’homme ne doit-il pas être appréhendé dans sa globalité ? Car cet homme est à la fois rationnel et irrationnel (ou « insensé ») ?

Foucault souligne que « l’insensé lui-même n’est jamais qu’une ruse du sens, une manière pour le sens de venir au jour ».  (Foucault, Michel, Histoire de la folie à l’Age classique, Paris, Gallimard, 1961)

La façon ambiguë dont les pensées ont pu approcher et comprendre la folie serait donc comme une forme d’errance dans un « autre monde » et le fou un être lui-même enfermé au seuil de « l’illimité ».

Pour Michel Foucault, « La forme primitive de l’aliénation est sans doute à trouver dans cette possession où, depuis l’Antiquité, on a vu, avec le signe majeur de la folie, la transformation de l’homme en un autre que lui ».

Mais si la folie implique un changement d’état, plus ou moins long, une sorte de transformation intérieure et une perception illimitée des choses et du monde, alors qu’est-ce que la médiumnité ?

Pour celui qui sombrerait dans l’immatériel le plus total, s’isolant du monde et de ses réalités, la folie n’est pas loin. Renier la matérialité qui nous entoure ce n’est pas être un « médium », c’est justement refuser d’être un intermédiaire. Le fou n’est-il pas justement le jouet d’une autre réalité qui le contrôle sans limite ?

Mais pour celui qui entend s’ouvrir à une autre réalité sans renier la matérialité qui l’entoure, il y a bien un autre chemin : celui de la médiumnité.

Ce chemin n’est pas plus aisé car il implique beaucoup de rigueur pour rester crédible en société.

Il convient donc au médium de se donner une sorte de « code de bonne conduite » sur le long terme.

Comme piste ou « garde-fou » il y aurait certainement le respect de soi-même et de l’autre par un exercice éthique et objectif.

Il semble également essentiel de procéder par validation de ce qui est reçu par les sens, c’est-à-dire lié à des perceptions par nature intangibles !

Il faut donc se questionner en permanence :

  • Pourquoi je reçois cette information ?
  • Est-ce cohérent par rapport à la situation dans laquelle je me trouve / où se trouve la personne ?
  • Qui peut me confirmer que je ne suis pas dans l’erreur ? (…)

Dans cet exercice difficile, il faut également avoir :

  1. L’honnêteté de reconnaître que :
  • beaucoup de personnes parlent trop, ce qui a tendance à induire l’interlocuteur… 10% tout de même de notre communication,
  • pour 90% le non verbale nous caractérise (50% des gestes et mimiques + 50% d’intonations de la voix),
  • nos codes vestimentaires et nos manières d’être tenus sont facilement « décodables»,
  • présenter une photo avec des accessoires ou un cadre donne déjà trop d’indications…
  1. Se rassurer en cas de difficultés car :
  • l’homme veut parfois consciemment ou non, refuser d’accepter l’inexplicable juste pour avoir raison,
  • et c’est souvent un moyen pour lui de se rassurer car nos fondamentaux et nos « croyances» peuvent vaciller face à cette autre « réalité » qu’est la mort…

Le médium « crédible » doit ainsi pouvoir apporter la preuve de ce « fameux détail qui tue (les doutes) » dont nous parle souvent Claire.

Pour en faire l’expérience, exercez-vous ainsi :

  • Demandez une photo ancienne à un ami dont lui-même ne connait rien (il faut juste qu’un tiers puisse apporter des éclairages plus tard type parents ou grands-parents),
  • laissez venir vos intuitions,
  • notez-les et demandez validation !

Pas de possibilité de tricher, c’est un bon début pour valider ses propres perceptions avant de basculer sur du « tête à tête » et éviter de dire n’importe quoi ou des choses d’une grande banalité « il vous aime » etc. Naturellement qu’ils nous aiment et viendraient-ils nous donner de leurs nouvelles si ce n’était pas le cas !

 

JULIUS

L’art des métamorphoses

CHANGER NOTRE REGARD OU L’ART DES MÉTAMORPHOSES

28/03/2017

« Tu as toujours la possibilité de regarder ton malheur ou de transmuter une épreuve apparente en un bonheur nouveau ».


Notre vie d’hommes et de femmes ne devrait-elle pas être consacrée « à la recherche du bonheur » ? Non, pas celui qui a été planifié par nos parents et familles ici-bas, mais bien celui qui nous satisfait, nous apaise, « notre juste place » en somme … L’accès à ce sentiment profond de bien être, d’être bien à sa place en cohérence avec ce que nous sommes et ce/ceux qui nous entour(e)nt, est certainement à la portée de tous mais il faut du temps pour l’apprivoiser. Parfois cette vie n’y suffira pas et pourtant nous progressons sans cesses.


La perte d’un être cher nous ramène « en nous-même », à la source de tout et nous y puisons souvent notre raison d’être ici et maintenant. Il n’est pas nécessaire de philosopher des heures pour comprendre que ce bonheur auquel nous aspirons toute notre vie est à portée de main ou plutôt à porter d’Esprit. Ordre et chaos, bien et mal, santé et maladie, pauvreté et richesse, les contraires sont infinis mais nous sommes par nature « finis », ancrés dans un monde très matériel qui nous submerge parfois. Nous oublions souvent que c’est la pensée qui ordonne et commande à la matière : je veux une baguette de pain alors j’en achète une (car j’ai faim). Et pourtant, il arrive souvent que la matière finisse par s’imposer à nous : « j’ai envie de telle chose », « je voudrais la même chose que lui », « je voudrais être comme lui » mais ces buts futiles sont-ils les plus importants pour nous ? Si nous n’y prenons pas garde, nous nous déconnectons progressivement de ce qui est bon, de ce qui est juste, de ce qui est essentiel pour nous. Il est bien question d’une « essence » / « ciel » sans laquelle nous ne pouvons plus avancer, un état le plus souvent subi qui paralyse progressivement nos propres choix.


Le monde du travail regorge d’exemples tous aussi frappants les uns que les autres. Quand nous commençons une carrière professionnelle, ce qui nous anime largement c’est cette envie de pouvoir devenir autonomes et en paix ! Mais nombreux sont ceux qui ont perdu le sens de leur engagement premier dans le monde difficile du travail. Après des années, ils oublient qu’ils souhaitaient travailler pour vivre heureux, simplement heureux. Et confrontés à leur propre souffrance au quotidien, certains ne voient même plus que leur engagement initial ne tient plus : ils travaillent, sont malheureux et rendent malheureux leur famille, leur conjoint, et finissent souvent par détruire ce qu’ils ont mis tant de temps à bâtir ! A ce moment clé de leur existence, « une petite voix » leur dit bien que ce n’est pas normal, mais ils ne l’entendent plus, enferrés, littéralement pris au « fer » dans leurs propres incohérences. A ce stade, difficile de voir ce qui est « beau », ce qui est « différent », de trouver les opportunités de se libérer de son propre « enfer ». Car oui, nous sommes à la fois notre propre enfer et notre propre paradis sur cette terre. Et malheureusement, notre vie matérielle et les relations humaines sont essentiellement le fruit de nos pensées.


Une collègue me faisait part très récemment du fait qu’elle se sentait mal dans sa relation avec une autre salariée, qu’elle avait toujours « peur » par anticipation de ce qu’elle pourrait lui dire au travail. Je lui ai demandé si avant de se coucher elle faisait le point sur ce qu’elle avait pu rencontrer de positif dans sa journée de travail et à titre personnel ? Elle me répondait NON. Mais c’est symptomatique et nous sommes tous passés par là. A force d’imaginer le pire, le pire devient notre quotidien, notre seul point de référence, notre seul ancrage dans la réalité et nous le visualisons si fort mentalement… Et pourtant c’est la « double peine » : imaginer que le lendemain il va se passer telle ou telle chose ! Quel enfer réellement. Nos pensées les plus pessimistes et catastrophiques sont nos pires ennemis et les moyens les plus directs pour nous conduire au stress, burn-out ou pire… Tout est donc question de « lâcher prise ».


Commencez par accepter que vos projections mentales sont créatrices de situations et de matière. Acceptez de voir ce qui va se passer, en laissant venir ce qui vous angoisse sans lutter, sans appréhension, et vous serez surpris de dire « ce n’était pas si grave finalement » car vous serez alors connectés à d’autres formes de réalisations, à d’autres possibilités. Finie la « double peine », si vous ouvrez votre conscience à l’instant présent car vous y puiserez des sources intarissables de solutions et d’opportunités. Alors, faites comme moi, n’attendez-plus et ouvrez-vous à d’autres possibilités !

JULIUS