Vous avez dit « synchronicité » ?

VOUS AVEZ DIT « SYNCHRONICITES » ?

24/03/2017

Dans leur ouvrage commun intitulé « Synchronicité comme principe de connexions a-causales » paru en 1952, le psychiatre suisse Carl Gustav Jung et le physicien autrichien Wolfgang Pauli ont schématisé les quatre lois fondamentales de « l’unus mundus », une sorte de réalité unifiée sous-jacente, de laquelle tout émergerait et à laquelle tout retournerait (image ci-dessus).

Pour eux, la synchronicité est la dimension nécessaire et manquante pour aboutir à une vision totale de la relation entre le physique et le psychique.

Pour Jung, l’inconscient est une réalité objective. Il écrit « Sur l’Interprétation des rêves » page 218 :

« La psychologie n’est pas uniquement un fait personnel. L’inconscient, qui possède ses propres lois et des mécanismes autonomes, exerce sur nous une influence importante, que l’on pourrait comparer à une perturbation cosmique. L’inconscient a le pouvoir de nous transporter ou de nous blesser de la même façon qu’une catastrophe cosmique ou météorologique ».

Jung envisage en quelques sortes l’existence d’un « savoir absolu », un savoir composé d’un « inconscient collectif » formé « d’archétypes ».

Cette théorie emprunte à la doctrine platonicienne le concept de « Réminiscence » ou d’« anamnèse ».

Et afin de prouver cette hypothèse, Jung a pris pour exemple certains comportements innés ou encore des calculs impossibles à réaliser comme ceux obtenus à l’issue de rêves dits « prophétiques ».

Selon lui, « le savoir absolu » serait ainsi une propriété de l’inconscient qui aurait la capacité de prévoir statistiquement l’occurrence de phénomènes réels.

L’autrichien Wolfgang Pauli a également montré dans son ouvrage que les représentations scientifiques ou « modèles », comme ceux d’Einstein, de Kepler et de Kekulé seraient nés d’images intérieures spontanées.

Les expériences parapsychologiques et notamment de type télépathiques illustreraient également, selon Jung, l’existence d’une capacité de calcul illimité de l’inconscient. C’est ce que démontrent les investigations de Zener en ayant recours à des cartes comportant des symboles à deviner.

Jung donne ainsi nombre d’exemples comme l’envoi d’une lettre contenant le récit d’un rêve d’un patient, inculte sur ce sujet, où celui-ci relatait « l’intervention onirique de soucoupes volantes », alors que Jung faisait au même moment des recherches sur ce thème…

Jung et Pauli retiennent tous deux l’existence de nombreux cas similaires en matière de recherche scientifique avec des découvertes souvent simultanées aux deux extrémités du globe !

Pour autant, Jung n’y voit pas de « plan divin », de « destin » ou de « karma »…

Mais ce phénomène de synchronicité serait à l’origine, selon lui, de pratiques rituelles ou « mantiques ancestrales » c’est-à-dire divinatoires au premier rang desquelles se trouverait l’astrologie, ou encore les méthodes du « Yi King » reposant sur le postulat d’une correspondance entre l’intérieur et l’extérieur, la « psyché » et la « matière ».

Néanmoins il ne s’agit pas, pour Jung, de réelles prédictions car la synchronicité reposerait exclusivement sur l’activation, dans l’inconscient du sujet, d’un archétype qui induit une qualité, une nouvelle probabilité de réalisation.

Qui n’a pas déjà reçu un appel téléphonique d’une personne à laquelle il était justement en train de penser ? Pour Jung, cette notion entre dans sa « théorie du fonctionnement psychique » car le fait de s’ouvrir à d’autres types de réalité, à une autre voie de réflexion, permettrait à certains de connaître un changement d’état important positif ou négatif.

Ces travaux ne sont-ils pas la théorisation parfaite d’une « pensée créatrice » sans limite ?

JULIUS